Sonder dans les profondeurs de la mémoire devient exercice vital quand le quotidien s’emporte au grès des instants de troubles, que le rapport à un soi-même perdu s’impose par les défaites perpétuelles.
Tel un shaman shooté à l’instant présent, j’explore le terrain vague de mes souvenirs, j’exhume la péloche à jamais marquée, emprunte de raves et de traces, de pertes d’âmes, dans l’énième tentative d’exposer des entrailles encore chaudes.
Le retour à la surface de ces moments de recherche, parfois de perdition, me rappelle à l’essence même de ma destinée, explorer par tout les chemins quelque soit l’amertume et le désir d’en finir. 
Le choix fût évident puisqu’il n’existait pas, la fonte avait décidé, mon temps s’était décalé, dans ce recoin entre mille mondes, happé par la nostalgie insolente des parquets bourgeois souillés du dernier repas des cafards, rincés des beuveries solitaires en hommage aux marquis déchus.
Je n’ai pas le souvenir d’avoir décidé quoi que ce soit en y arrivant, alors j’y demeurais librement autant que possible, et même pour rien, un son bien avant une lumière, une vibration contagieuse, la fascination de cette résonance en moi qui luttait encore.  
Le corps parfaitement échoué, le fantasme pouvait ainsi se jouer de cette imperturbable réalité, le temps s’écoulant de bas en haut, le vin tâchant les draps, humiliant le sacré par la tentation que je m’efforçais d’enfanter. . 
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