Bordeaux-Lac s’inscrit dans un projet soutenue en 1966 par l’architecte Xavier Arsène-Henri afin de rééquilibrer les quartiers nord de Bordeaux avec plus de 1000 hectares d’espaces inondables asséchés, en partie sur la commune limitrophes de Bruges. Pourvu d’ensembles immobiliers, de zones commerciales et d’activités, distribué par un réseaux de pistes cyclables déservant les plages prévues pour les loisirs et les activités nautiques, l’ensemble dispose de parcs végétalisés et arborés autour d'un lac artificiel de 160 hectares, ordonné par Jacques Chaban-Delmas dans sa vision de "Ville Millionnaire", masse critique nécessaire pour financer un projet d'agglomération ambitieux qui se poursuivra sous les mandats d'Alain Juppé avec le projet Euratlantique, opération immobilière d'envergure afin d'accueillir les 100 000 habitants attendus à l'horizon 2030 et qui aura pour conséquence l'expulsion des plus précaires réduits à vivre dans des squats parfois avec femmes et enfants. Rejetés à la rue sans autre possibilités que de se tourner vers les services d’urgences débordés et la solidarité des bénévoles des associations quotidiennement présentes sur le terrain, ils se rabattent sur des sites comme celui du lac de Bordeaux, à proximité du centre commercial et de la ligne C du tramway, afin d’y planter leurs tentes dans une intimité quasi-inexistante, sans eau courante ni électricité. Le confort y est réduit au minimum et malgré l’humidité de l’hiver qui rend les conditions de vie difficilement supportables, Mme Buccio, préfète de la Gironde ne déclenchera le plan Grand-froid cette année.



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