Salva parcourt le monde et explore l'humain, il vient en aide aux nouveaux arrivants et toujours le mot qui rassure. Il connaît le terrain, il a lui même planté sa tente ici. Un ovni dans ce lieu qui semble être une impasse, une étape pour d'autres, un espace de détente pour les riverains du lac de Bordeaux.
Rejetés à la rue sans autre possibilités que de se tourner vers les services d’urgences débordés et la solidarité des bénévoles des associations quotidiennement présentes sur le terrain, une majorité d'hommes et quelques femmes, parfois avec des enfants, n'ont plus d'autres choix que de s'installer sur les abords du lac de Bordeaux, à proximité du centre commercial et de la ligne C du tramway, afin d’y planter leurs tentes dans une intimité quasi-inexistante, sans eau courante ni électricité. 
Les municipalités concernées et l'état se renvoient la responsabilité de mettre à l'abris les sans domicile fixe qui peuplent les berges, et seules les associations présentes sur le terrain apportent un peu de chaleur humaine et de denrées alimentaires. Ils attendent toutes et tous un logement pour vivre dignement.
Mélanie, après une tranche de vie sur Paris, réside elle aussi de manière précaire sur les berges du lac de Bordeaux, entourée des siens, une véritable communauté pour affronter les aléas sous la tente. Elle attend un enfant depuis peu et vie désormais en foyer, son compagnon occupe toujours le campement faute de place.
Pap's a quitté le Sénégal depuis bien longtemps, il a déjà passé quelques hivers sous les pins. En France depuis quelques années, sans structure, il est en errance, je ne l'ai pas revu depuis plusieurs semaines.
Les conditions de vies nécessitent une attention permanente pour que l'intégrité du campement soit garantie. Les besoins élémentaires, le ravitaillement en denrées alimentaires, leur conservation et l'élaboration des repas, l'hygiène corporelle, demandent une logistique complexe. L'humidité est partout en hiver, et malgré cela l'accueil y est toujours chaleureux, l'humain est au centre de l'attention. 
Le confort y est réduit au minimum et malgré l’humidité de l’hiver qui rend les conditions de vie difficilement supportables, la Préfecture de la Gironde ne déclenchera le plan Grand-froid.
Hector vit depuis peu sous la tente à Bordeaux-Lac, en insertion avec les Restos du Cœur, il vit ici sous les pins, la bâche telle un fond , une seconde peau. Il est en attente d'un logement social pour pouvoir enfin accueillir ses enfants dont il n'a plus la garde.
Marcel séjourne sur les berges du Lac depuis bientôt 6 mois. Il entame son premier hiver sous les pins et la pluie, avec l'aide des ses companeros qui l'ont accueilli comme un frère. Il joue des airs d'Amérique Latine devant les restaurants de la métropole pour gagner un peu de quoi subvenir à son quotidien.

Robert a quitté sa Pologne natale à l'âge de 15 ans pour rejoindre son père à Londres.  Il y vivra 13 années en squat puis rejoindra la France pour aller tenter la même expérience à Arcachon. Au bout de 2 jours il sera expulsé du lieux qu'il venait d'ouvrir. Il ira planter une tente sur les bords du Lac de Bordeaux, il y a 7 ans déjà.

Doumé oscille entre océan et berges du lac, il aime la pêche et voudrait planter sa tente encore plus près au bord de l'eau. Il évoque les grillades entre amis. Il vient de postuler pour un emploi municipal et reste en attente d'une réponse positive dans l'espoir de trouver enfin un logement.
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