Entre les deux phases incendiaires qui ont ravagées 20.000 hectares dans le sud gironde au mois de juillet et août 2022, de Landiras à Belin-Beliet en passant par la commune d'Hostens, les sapeurs-pompiers de toute la France, d'outre-mer et d'Europe, les troupes de la protection civil ainsi que les bénévoles de la DFCI, agriculteurs et habitants, ont oeuvré sans relâche.
Afin de prévenir et éteindre les départs de feu spontanés dans un période de sécheresse extrême, malgré les pénuries d'eau, les hommes et les femmes présents sur le terrain ont tout donné, dans des conditions climatiques propices au moindre embrasement. Ici le sous-sol est devenu incandescent.
Après avoir carbonisé des milliers d'hectares de pinèdes, le feu couve et se propage sous la surface, strates de tourbe et de lignite, végétation en cours de fossilisation.
Pour rendre compte du traumatisme et de l'ampleur des ravages tant organiques que psychologiques vécus par la population, il fallait fouler la cendre, parfois jusqu'aux genoux, être au plus près des souches encore fumantes. 
L'obsession s'impose dans ce champ de ruines où les rangées de pins se succèdent, afin de traduire l'odeur minérale, omniprésente jusque dans les âmes.
Les corps sont imprégnés de la terre, l'air brûlant et suffoquant à fait place à la désolation, dans un espace qui ne répond plus à sa fonction.
Les vestiges sont des indices, fragments dévoilés par la mise à nu d'un sol vivant, résultant d'amoncellements sédimentaires.
Le végétal est lié à ce territoire depuis la nuit des temps, habitant des landes, inhumer par strates successives. 
Rescapé d'un naufrage annoncé, l'humain est au chevet, côte à côte avec lui-même, après la débâcle du brasier sauvage
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