Le contact était nécessaire, il fallait que je foule la cendre, parfois jusqu'aux genoux, être au plus près des vestiges, rendre compte de l'ampleur des ravages tant organiques que psychologiques. L'obsession s'impose en évidence dans ce champ de ruines, il faut traduire l'odeur minérale, omniprésente jusque dans les âmes. Les corps sont imprégnés de la terre, l'air brûlant et suffoquant à fait place à la désolation, dans un espace qui ne répond plus à sa fonction. Les vestiges sont des indices, fragments dévoilés par la mise à nu d'un sol vivant, de tourbe et de lignite, résultant d'amoncellements sédimentaires. Le végétal est lié à ce territoire depuis la nuit des temps, habitant des landes, inhumer par strates successives. Rescapé d'un naufrage annoncé, l'humain est au chevet, côte à côte avec lui-même, après la débâcle du brasier sauvage. Les efforts pour endiguer toute reprise mobilisent la population prise en otage, au service des sapeurs-pompiers qui oeuvrent sans discontinuer malgré les pénuries d'eau et les conditions climatiques.


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